Durbar Square et Durbar Square bis

Aujourd’hui, c’était la journée thématique « Durbar Square ». Il y a deux endroits nommés de la même façon car l’un est situé dans le district de Katmandou et l’autre dans celui de Patan. Tous deux sont des sites inscrits au patrimoine de l’UNESCO, constitués de temples hindouistes construits sous forme de pagodes, et datant d’époques disparates (je posterai quelque chose de plus historico-culturel dans quelque temps). On a commencé par se déplacer à pied, car le premier Durbar Square est situé non loin de l’hôtel ; mais, pour y aller, il faut traverser une zone très peu agréable, dans la chaleur et la pollution, et l’odeur abominable de la pauvreté (un mélange de crasse, de détritus et de pots d’échappement). Bref, la balade était moyenne, et comme le soleil tapait dur nous sommes arrivés (déjà) lessivés.

L’entrée au site est payant (ce que nous savions) mais nous ne soupçonnions pas qu’il pouvait être aussi cher ! 750 roupies népalaises le ticket, c’est l’équivalent, à peu de chose près, d’une entrée au Louvre, ce qui est très conséquent dans un pays où on gueuletonne pour ce prix-là… Du coup on a dit non à tous les guides (parfois très insistants) qui se proposaient, et on a filé voir la Kumari dont la dernière apparition devait être à midi – horaire dont on s’approchait. La Kumari c’est cette « déesse vivante » dont vous avez sans doute entendu parler si vous avez regardé un certain documentaire diffusé par Envoyé Spécial il y a environ un an… une gamine ultra-parée qui s’ennuie derrière ses barreaux, derrière lesquels elle apparaît pour toiser ses admirateurs (touristes comme nous, ou religieux plus convaincus) pendant dix secondes toutes les vingt minutes… Comme les photos de la Kumari sont interdites, nous ne pouvons que vous proposer des images du bâtiment où elle vit quasi-recluse, et des photographies de ses admirateurs.

Le site en lui-même est très beau, et définitivement à faire, avec ses pagodes parfois décrépites mais toujours impressionnantes. On apprend sur le prospectus remis à l’entrée que le Népal est le seul royaume hindouiste dans le monde entier, même si le bouddhisme y est aussi très présent, ce que confirme le musée installé dans l’ancien palais royal, où des photos et des tableaux représentant les monarques népalais montrent, par exemple, le couronnement rituel – qui a toujours lieu de nos jours à Durbar Square d’ailleurs.

Evidemment, c’est un lieu très touristique, et les raisons d’y dépenser son argent abondent : shopping (j’ai sympathisé avec un vendeur qui m’a appris à jouer au jeu d’échecs népalais, le « jeu du Tigre et de la Chèvre », et nous a ensuite offert un bracelet bouddhiste à chacun) ; henné (la petite Angel, au bagout impressionnant, m’a proposé ses services et je n’ai pas eu le coeur de dire non) ; vrais ou faux saddhus (saints hommes) qui font de leur religion un fond de commerce (Yann en a fait l’expérience, puisque toute photo se monnaie, même si on peut parfois aussi récolter une bénédiction en échange !).

Après cette première visite nous avons déjeuné dans un café sous la bruine qui commençait à se faire sentir, puis réquisitionné un taxi pour filer à « Durbar Square 2 » (le retour), à Lalitpur dans le district de Patan. Ici le prix d’entrée était moins cher car le site est moins grand et sans doute moins ancien, mais mieux entretenu toutefois. Là nos avis divergent : Yann a trouvé le premier site plus impressionnant et s’est montré peu sensible à cette deuxième visite, que j’ai pour ma part préférée dans le sens où le site me semblait plus accessible (mieux ordonné et mieux conservé). Mais l’un dans l’autre, les bâtiments se ressemblent et permettent dans les deux cas de s’initier à l’Hindouisme, à ses dieux multi-bras, à ses animaux sacrés et à ses rituels particuliers. D’ailleurs, petite parenthèse : je ne suis pas une experte en Hindouisme ni en Bouddhisme, mais j’ai tout de même voulu en expliquer les bases à Yann histoire que tout cela ne reste pas trop obscur… j’ai donc commencé par lui demander ce qu’il savait de Bouddha, et il a fallu qu’il plaisante sur « ce gars qui a monté un bar à Paris… ». J’ai bien rigolé, j’avoue. Note pour moi-même : lui offrir Siddharta d’Herman Hesse à Noël.

Dans la foulée nous avons bu un verre dans les jardins du musée, très agréables, fleuris et au calme – ce qui ne laisse pas de faire plaisir après s’être heurté au trafic et à l’agitation permanente de la ville. Yann a pu expérimenter pour la première fois depuis notre arrivée le goût de la bière népalaise, l' »Everest », fraîche, peu amère et pétillante (c’est l’une de nos traditions de goûter les bières locales, comme la Kilimandjaro en Tanzanie) pendant que je tentais mon premier lassi (pas très réussi, je vais attendre l’Inde…). D’ailleurs je transmets ici un message de Yann : « C’est une année sportive ; après m’être fait le Kilimandjaro, je me suis tapé l’Everest ». C’est ce qu’on appelle les abdos Kro…

Epuisés et désireux de faire quelques économies, nous sommes ensuite passés à l’épicerie pour acheter de quoi grignoter dans notre chambre : chips népalaises archi-piquantes, crackers divers, et un litre de jus de litchi.
A 21h je dormais déjà et Yann n’a pas fait long feu non plus.

7 Comments on “Durbar Square et Durbar Square bis”

  1. Alors, pas de WIFI aux sources du Gange ???

    Yannou, défi pour continuer ton année sportive, trouver une bière « HIMALAYA »

    A bientôt,

    ici, c’est la reprise, je n’en dis pas plus…

    1. Nan pas trop de wifi… des dévots, des saddhus, des pèlerins, des dieux… mais pas de wifi. Et pas trop de bière non plus dans le coin ! 🙁 Je continue ma quête… Objectif : la bière Krishna.
      Bises.

  2. ET ce 29 Août? il était comment? Joyeux anniversaire Amélie! 🙂 ( 2 nouvelles maisons rue Gambetta à côté d’une boucherie qui fait des entrecôtes haha!)

  3. Ne vous inquiétez pas, tous autant que vous êtes… Nous sommes à Chandigarh, au Pendjab (nord de l’Inde) avec un peu de réseau ce qui n’était pas le cas jusqu’à maintenant. Tout va bien, nombreux articles en cours… 🙂

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